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In memoriam : Wladimir Zalkind et Lydia Bykadoroff

In memoriam : Wladimir Zalkind

Le serviteur de Dieu Wladimir Zalkind est né au ciel le 24 août 2007.
Né en 1919 à St-Pétersburg, Wladimir Zalkind a rejoint la paroisse avec son installation à Nantes. Actif par sa présence et son service auprès de l'église, ayant été successivement : marguillier, secrétaire… il aura pu voir la chapelle s'ériger et y avoir ses funérailles célébrées par les pères Lambert, Jean (Roberti) et Antoine (Gélineau). Voici plusieurs témoignages de paroissiens ayant connu Waldimir à différents moments de sa vie.

Léone :
Rendre témoignage à celui qui vient de nous quitter, à Wladimir Zalkind, c'est pour moi, tout d'abord, évoquer une amitié dont la source se situe à la fin des années cinquante. Amitié développée à travers heurs et malheurs jusqu'à sa mort. Wladimir était un érudit, amateur d'art, économiste, philosophe autant que scientifique, ayant pris une part active et passionnée à l'Histoire de la France de notre temps. Profondément russe et français il prît au sein de notre paroisse une part active lorsque Mr Protopopov quittât Nantes. Avec Arianne Gordeff et Manuel Vatinos, il déploya toute son influence auprès de notre évêché, comme auprès du diocèse catholique de Nantes et de la municipalité, chaque fois que nous fûmes sans prêtre, sans local, avec le désir intense de "transmettre". Malheureusement l'altération de sa santé, en ces dernières années, ne lui permettait plus une participation physique à nos liturgies. Mais demeurait sa participation par la prière.Et son aide matérielle en fait un co-fondateur de notre chapelle actuelle. C'est pourquoi l'important est maintenant de garder sa mémoire. Au terme de sa vie terrestre, il avait réussi le passage de la vie biologique et sociale, à la vie spirituelle, recherchant une dépossession de lui-même. Rendre témoignage à Wladimir Zalkind aujourd'hui, c'est transmettre ce qu'il m'a répété souvent : sa joie profonde du développement de notre communauté écclésiale. A travers la diversité de ses composantes, il y voyait l'espoir d'une unité transcendée, caution et ferment de l'avenir de l'orthodoxie en France. Il y a peu de temps il m'avait rappelé ce passage de la 1ère épître de l'apôtre Pierre (2,5) "Soyez comme des pierres vivantes et prenez place dans la construction d'une demeure habitée par l'Esprit". En relatant ceci, je m'inscris dans la transmission qu'il souhaitait, et si nous réalisons la vision qu'il avait de notre futur, alors sa mémoire demeurera "d'âge en âge".

Manuel Vatinos :
En souvenir à un ami - C'est avec beaucoup de peine que j'ai assisté au service religieux pour mon ami Wladimir. La paroisse perd un pilier et un fervent paroissien. Moi je regrette celui qui a tant oeuvré pour conserver à Nantes une chapelle et l'Orthodoxie. Il restera gravé en ma mémoire, la période sombre où nous n'avions aucun lieu de recueillement. Quel travail avez-vous accompli avec celle qui vous accompagnait, Françoise toujours présente auprès de nous, dans toutes les démarches pour trouver un lieu où nous pouvions faire un semblant de chapelle. A chaque réussite, malgré le plaisir que nous éprouvions, votre plus grand désir était de pouvoir trouver un endroit à nous, avec ce que nous appelions une vraie église. Heureusement que vous étiez deux auprès de moi, car combien de fois le découragement est arrivé. Si la paroisse est encore présente à Nantes, c'est à vous et à votre acharnement pour conserver l'orthodoxie que tous nous le devons. Heureusement la continuité est assurée avec les jeunes, qui se dépensent pour préserver le passé. Dans ma mémoire vous serez toujours présent. Je ne vous dit pas adieu mais au revoir. Que Dieu vous fasse la place auprès de lui que vous avez tant mérité tous les deux. Toute mon amitié Wladimir et reposez en paix.

Guy Lumeau :
Aujourd'hui, c'est au titre de marguillier, c'est à dire de responsable laïc de la paroisse Saint Basile que je voulais évoquer son souvenir, moi qui suis l'un de ses successeurs dans cette fonction. Arrivé à Nantes dans les années 50, Wladimir Zalkind a rapidement rejoint la paroisse pour participer aux liturgies et autres offices qui à l'époque étaient célébrés tantôt en slavon tantôt en grec. Il n'y avait pas de prêtre à demeure et quand un prêtre était présent, on était heureux d'avoir une liturgie. Nantes a connu de longues années de "disette spirituelle" et Wladimir, qui avait pris la responsabilité de marguillier, fait partie des fidèles qui ont régulièrement harcelé les évêques parisiens pour qu'ils leur envoient un célébrant et qu'au moins les grandes fêtes soient assurées. C'est ainsi que Wladimir a fréquenté le père Gabriel Henry qui venait de Paris et lors d'une célébration utilisait les trois langues qu'il pratiquait couramment, montrant ainsi que l'importance du sacrifice non sanglant ne reposait pas sur l'expression mais sur le fondement de la prière et incitant les communautés à se fondre. Dans cette logique, au milieu des années 80, avec Manuel Vatinos, l'un des doyens de la communauté grecque, Wladimir fit une démarche auprès de Mgr Georges, de bienheureuse mémoire, pour que la paroisse de Nantes, avec ses composantes russes et grecque soit desservie régulièrement par un prêtre. Parallèlement, un contrat était passé avec les pères franciscains de la place Canclaux pour qu'une partie de leur chapelle soit mise à la disposition des orthodoxes. A compter de cette date, dans une chapelle transformée en "église orthodoxe" grâce à Manuel Vatinos, la paroisse a connu une vie liturgique régulière. Le père Jean Roberti, récemment ordonné, partageait son apostolat entre Rennes et Nantes, célébrant en français, en grec et slavon, les chœurs alternant chant byzantin et russe. Puis après quelques années difficiles et un dernier déménagement, est arrivée la chapelle en bois, don de nos amis russes André et Dimitri. De Thouaré, puis de Mauves, Wladimir a suivi avec intérêt les évolutions du projet, montage de la chapelle, construction de la maison paroissiale et dans la joie de voir enfin la paroisse Saint-Basile trouver, après tant d'années d'errance, un lieu où s'enraciner, il a été largement présent par son soutien financier. On retrouve bien à travers ces faits, l'homme d'action et de décision. Mais se contenter d'évoquer cela, ce serait occulter tout un pan de la personnalité de Wladimir. Très jeune, dès l'âge de 18 ans m'a-t-on confié, il commençait une quête spirituelle ininterrompue cheminant entre philosophie, religion et théologie. Pour moi, j'ai noté quelques faits qui témoignent de cette recherche. Lors de notre installation, chez les franciscains, place Canclaux, nous avons entamé pour les paroissiens, un cycle de conférences spirituelles. Dans ce cadre, Wladimir, nous a présenté, avec le support de belles diapositives, une longue conférence sur l'icône de la Trinité de Roubleev, conférence qu'il avait déjà donnée devant un auditoire catholique. Son analyse usait de passerelles fréquentes entre théologiens orthodoxes, tels que Federosky et de philosophes, tels que Simone Weill. Invité par le père Jean Roberti, Wladimir a participé plusieurs années à des sessions spirituelles, à Bois-Salair, près de Mayenne. Ce fut pour lui, l'occasion de rencontres et de discussions avec divers conférenciers et le début d'un échange épistolaire spirituel avec le père André Borelly de Marseille. Il recevait régulièrement la revue éditée par la paroisse du père André et se plongeait avec gourmandise dans ses articles. Il en faisait le thème de discussions approfondies avec les frères de Saint-Gabriel, ses voisins de la Pamprie. Cette quête spirituelle avait pris de plus en plus de place dans sa vie ces dernières années. Il y a peu de temps, lors de l'une de nos trop rares rencontres, il me confiait son regret de ne pas avoir su, surtout depuis sa retraite, se centrer complètement sur l'Essentiel. Merci Wladimir, pour tout ce que vous avez fait pour que l'orthodoxie reste très présente à Nantes et pour que la paroisse Saint Basile arrive enfin à s'ancrer et merci pour les témoignages chrétiens que vous nous avez donnés. Près du Seigneur, avec Françoise, continuez à avoir un regard pour nous et à nous soutenir. Mémoire Eternelle.

lecteur Jean :
Intimidant, très cultivé, influent, persévérant, généreux (il a discrètement financé le quart des dépenses de construction à lui seul), Waldimir Zalkind est inscrit dans les fondations de notre paroisse. Mémoire éternelle.

Michel, Alix, Anatole, Apolline et Matthias Tosolini :
Tardive, notre rencontre avec Wladimir Zalkind, elle n'en fut pas moins fructueuse, voire studieuse, tant notre ami appréciait les choses de l'Esprit, "Celui qui souffle où il veut", aimait-il dire, et auxquelles un "homme libre" se doit de consacrer son temps, même à l'âge avancé où nous l'avons enfin connu. Ce qu'il fit, nous le savons tous, avec tant d'ardeur. Mais n'oublions pas non plus que cette rencontre inattendue, fut aussi placée sous le signe de l'hospitalité, que mon épouse et mes enfants ont souvent goûtée et dont nous gardons tous un vif souvenir. Rencontre décisive et rare. Mémoire éternelle.

Jean Héron :
Wladimir Zalkind Résidence le Verger "avec toute mon amitié". Cette carte, pieusement conservée, dit tout et ne dit rien de ce qui nous liait au sein de la paroisse. Et c'est un déchirement de ne plus partager la même foi orthodoxe et les mêmes espérances œcuméniques, de ne plus évoquer un passé militant latéral et décalé, de ne plus dire l'affection portée aux uns et aux autres, avec une bonne humeure enfantine et un humour plein d'aimable causticité. Comme tout cela manque aujourd'hui.` Père Lambert, Léone, Catherine et Bénédicte, Manuel et Guy et aussi Anne et Katia, Michel et sa famille* : nous ne monterons plus le fleuve jusqu'à Mauves, ni le contemplerons des hauteurs du Verger de Wladimir. Les TGV fileront encore le long de Loire vers Angers et Nantes, les enfants jouant et criant sur le terrain de sports à côté. Sic transit…

* ne sont cités que ceux des paroissiens avec qui j'eus l'honneur de faire le voyage, ou dont ce voyage m'est connu..Pardon aux autres.

In memoriam : Lydia Bykadoroff

La paroisse a eu la douleur de perdre le 28 juillet dernier une paroissienne d'Angers, Lydia Bykadoroff à l'âge de 86 ans. Elle avait épousé aussitôt après la guerre Youri à la paroisse de Colombelles*.. Ils habitaient Angers depuis les années 1950 où il avait ouvert une salle de sport très connue de tous les angevins. Lydia, toujours fidèle à l'église, venait aussi souvent que sa santé le permettait aux liturgies à Nantes. Sa vue déclinant peu à peu elle était amenée par sa fille ou par nos amis d'Angers Guy et Béatrice. Nous nous rappelons cette personne âgée toujours souriante et accueillante envers tous malgré son handicap. Ses funérailles ont été célébrées par le père Lambert dans l'église Saint Laud à Angers, le 1er août 2007 entourés des siens et de quelques paroissiens.

Mémoire éternelle. Вечная память.

 

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