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Message de Monseigneur Gabriel

Pâques 2010

Monseigneur Gabriel

Message de Pâques de Son Éminence l'Archevêque Gabriel de Comane

Message de Pâques 2010 de S. Em. l’archevêque Gabriel
Cathédrale Saint Alexandre Nevsky, Pâques 2010

Avec cette acclamation pleine de joie et d’espérance, je vous adresse tout mon amour. Le Christ est Ressuscité !

Chers frères et sœurs,

Le Christ est Ressuscité

Je suis heureux de vous adresser cette exclamation joyeuse que, selon l’antique tradition, nous échangeons tous en cette lumineuse et belle fête de Pâques !

Oui ! Que le Seigneur soit notre joie ! Qu’Il dilate nos cœurs et tout notre être au moment où nous comprenons que nous ne sommes plus enchaînés par le péché et que les affres de la mort ont été anéanties.

Nous avons grand besoin d’une résurrection aussi pleine de force et de signes d’espérance que celle qui fut donnée aux disciples le troisième jour, afin de corriger toutes les idées fausses que nous nous faisons à propos de la souffrance et de la croix, afin que cette résurrection nous soit une source de foi. Car c’est seulement dans la Résurrection que nous pouvons non seulement comprendre comment la croix du Christ peut nous valoir le pardon de nos péchés, mais aussi endurer avec joie les souffrances de cette croix. Alors les souffrances ne seront plus souffrances, mais communion de gloire, comme l’a dit le saint apôtre Paul : « Que nous souffrions avec lui, afin d’être aussi glorifiés avec lui ! » (Rom 8,17).

Chers frères et sœurs, nous aimons tous la liberté : nous sentons en nous-mêmes l’importance de celle-ci dans nos vies, or voici que le Christ nous donne cette possibilité de vivre de cette liberté ! C’est en effet par amour qu’Il s’est laissé clouer sur la croix et déposer au tombeau. Comprenons le bien ! C’est beaucoup plus que d’une expiation dont il est ici question, c’est l’accomplissement de toute l’économie du Salut ! En effet, les Saints Pères nous le disent : le mystère de l’Incarnation ne s’arrête pas à la crucifixion expiatoire et au rachat par le sang, car le Christ devait descendre jusqu’aux profondeurs de l’enfer afin de libérer de « la loi du péché et de la mort » (Rom. 8,2) les fils d’Adam qui se tenaient dans « les ténèbres de l’ombre et de la mort » (Luc 1,79). Ainsi, par Sa Résurrection, le Christ, Nouvel Adam, vainqueur de la mort, fait de nous de nouveaux hommes, il nous donne à nouveau la capacité de connaître et d’aimer Dieu, de revivre avec Dieu et d’être sauvé : « le Verbe s’est fait homme afin qu’en lui nous puissions devenir Dieu ! » (Saint Athanase le Grand).

Mais, frères et sœurs, nous ne devons pas nous contenter d’une fête joyeuse qui serait éphémère, nous devons vivre de ce mystère de la Résurrection ! Nous devons intégrer dans tout notre être et dans toute notre vie, dès ici dans ce monde, cette exclamation joyeuse que nous échangeons ces jours-ci : « le Christ est ressuscité ! » Nous devons croire et agir en conséquence car nous dit l’apôtre Paul : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine et vous êtes toujours dans le péché ! » (1Cr 15, 17)

Alors, comment faire ? Nous avons à notre disposition beaucoup de possibilités pour concrétiser notre union à Dieu : rappelez-vous le jeudi saint ! Ce jour-là, non seulement Jésus a tout expliqué à ces apôtres quant à ce qui allait se dérouler dans les jours suivants, mais Il ne s’est pas contenté d’une explication théorique. Il leur a offert, avant l’heure, d’être en union totale avec Lui, ce qui était déjà le Salut, en leur donnant son précieux Corps et son précieux Sang. Lors de la Cène mystique, le Christ est à la fois immolé et ressuscité, mort et vivant ! Souvenez-vous, ce sont ses propres paroles : « Ceci est mon Corps rompu pour vous, ceci est mon Sang versé pour vous ! », et il est évident que le Seigneur ne pouvait pas dire cela sans être sûr de ce qui allait se passer plus tard ! Nous ne sommes pas là dans une quelconque mythologie, mais bien dans la réalité concrète de la Résurrection : à chaque fois que nous nous approchons du saint Calice et que nous goûtons à son précieux contenu, nous nous dépouillons du péché et nous nous revêtons de la beauté éclatante du Christ. Un tel mystère est rendu possible par la seule grande miséricorde du Seigneur et par son ineffable amour pour les hommes !

Voilà, sans aucun doute, la plus merveilleuse des conséquences de la mort et de la Résurrection de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Tous les sacrements étant liés à celui de la Divine Eucharistie, nous sommes bénéficiaires des fruits salutaires de cette belle fête que nous vivons en ce jour saint, lorsque nous nous approchons du saint Calice et que communions aux Saints Dons ! Alors n’hésitons pas ! Venons puiser à la source du Salut, abreuvons-nous à la coupe de l’Amour divin et vivons de cette vie nouvelle qui nous est donnée en partage ! Mais il ne suffit pas d’être consommateur, car il ne convient pas de nous enrichir seuls de la miséricorde de Dieu. Ce qui nous est donné, l’Amour Divin, c’est l’être même de Dieu. Or, en Dieu, l’amour se partage dans un mouvement incessant entre les trois Personnes Divines !

Puisque nous sommes divinisés par la Résurrection, alors soyons logiques et partageons cet amour reçu gratuitement... Certes, ce n’est pas toujours facile, mais nous sommes sur cette terre pour apprendre auprès de notre seul Maître et Seigneur, Jésus-Christ. Aussi demandons Lui : Seigneur apprends-moi à aimer ! Apprends-moi à vivre en ressuscité ! Mets-moi debout dans ta lumière avec tous mes frères et donne-moi de chanter sans cesse : « Le Christ est ressuscité des morts, par la mort il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la Vie ! »

Avec cette acclamation pleine de joie et d’espérance, je vous adresse tout mon amour.

Cathédrale Saint Alexandre Nevsky, Pâques 2010.

+ GABRIEL
Archevêque de Comane,
Exarque du Patriarche œcuménique

 

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