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2ème dimanche après la Pentecôte

Homélie de Père Antoine, 22 juin 2014 en l'église saint Basile et saint Alexis - 2ème dimanche après la Pentecôte, Mt IV,18-23.

Ainsi Jésus commence à constituer son groupe de douze disciples, douze comme les tribus d’Israël, car Dieu s’incarne dans une histoire, dans l’histoire d’un peuple. Douze pour manifester l’universalité de la mission de Jésus, représenter ce peuple nouveau rassemblé par Dieu à la fin des temps.
Pour commencer, Jésus est en Galilée, sur le bord du lac, loin de Jérusalem, loin des institutions religieuses ou sociales, il s’adresse à des pêcheurs en pleine activité. Dans ce récit, comme dans bien d’autres rencontres de Jésus rapportées par les Evangiles, le déroulement est le même. Jésus marche, il voit, il appelle, il est suivi :
« il vit deux frères », « il leur dit », « ils le suivirent ».
« il vit deux autres frères », « il les appela », « ils le suivirent ».

Notre vocation, à nous, car c’est de cela qu’il s’agit, ne dépend ainsi pas de nous, de notre recherche, de notre intelligence, de nos mérites, de nos capacités ou même de notre piété. C’est avant tout un appel qui nous est adressé par Celui qui nous a vu avant même que nous pensions à lui. Il vient nous surprendre dans notre quotidien, tout comme la lumière du matin.
En lisant le récit de Matthieu, nous sommes surpris par la brièveté de la scène. Sur une simple parole de Jésus, Simon, André, Jacques et Jean vont lâcher leurs filets, abandonner leur barque et leur père et suivre Jésus sans le moindre état d’âme, sans poser aucune question, sans s’inquiéter de la suite. Certains ont parfois tenté de trouver une explication dans l’Evangile de Jean qui rapporte une première rencontre avec Jésus avant la mort de Jean-Baptiste…
Nous pouvons nous demander : Y-a-t-il eu une telle rupture, une telle radicalité ? Je ne dis pas que l’Évangile exagère, mais il semble que ces hommes ont commencé alors à comprendre ce qui va devenir le cœur de leur existence : leur contact avec le monde passera désormais par Jésus, et non plus par ces instruments de travail ou ces relations de vie auxquels ils étaient habitués. Ils vont se laisser convertir par cet homme qui les entraîne à sa suite et qui apprend à se perdre pour se livrer à Dieu jusqu’au bout. Ce n’est qu’un début, mais cette distance initiale porte en germe tous les engagements à venir, les luttes, les découvertes, les dépossessions, tout ce ministère de salut auquel Jésus les associe.

Suivre Jésus et devenir pêcheur d’hommes, est-ce vraiment à notre portée ? Comment peut-on le suivre ? En l’observant et en l’écoutant : il marche, il voit, il appelle. Cela semble si simple ... Comme Jésus, et avec son aide, nous pouvons nous mettre en marche à notre tour, essayer de ne pas prendre racine, apprendre à lâcher nos filets si lourdement chargés de pierres inutiles, pour nous laisser prendre dans les filets de la grâce, joyeusement, librement, avec confiance.
Nous qui aimons nous organiser, planifier nos rencontres, réfléchir avant de répondre, connaître à l’avance les conséquences de nos choix et qui pensons nous rassurer parce que tout est prévu et que nos agendas sont remplis, essayons de nous laisser surprendre par la rencontre imprévue !
Si nous marchons - notez bien : il ne s’agit pas de courir ! - nous prendrons le temps de voir ceux qui sont placés sur notre chemin, à la sortie de la Liturgie, dans la rue, dans notre immeuble, à la maison, dans nos familles, dans tous nos lieux de vie. Nous pourrons être attentifs, prêts à les écouter, à partager leurs joies et leurs peines, leurs difficultés. Ne nous préoccupons surtout pas du résultat ou de nous-même. C’est l’affaire de Jésus !
C’est dans l’humilité et la simplicité d’une rencontre au bord d’un lac que l’Evangile se joue, pas dans le spectaculaire, pas dans un discours interminable, argumenté ou offensif. C’est par sa seule présence ou avec des paroles ou des gestes tout simples que Jésus guérit. Il s’invite dans le quotidien de notre vie. Et c’est avec les autres que nous sommes appelés à répondre à son invitation.
En effet, nous ne sommes pas seuls sur ce chemin mais en Eglise ; vous l’avez remarqué dans ce récit, Jésus a appelé ses disciples deux par deux : « Suivez-moi » leur a-t-il dit. Dès le début, Simon, qui deviendra Pierre, est associé à un autre disciple. Pour accomplir sa mission, Dieu a besoin des talents de tous, aussi modestes soient-ils, et de talents conjugués. Dans la communauté que nous formons, et dans laquelle nous ne pouvons rien seuls, chacun d’entre nous peut recevoir avec confiance cet appel et marcher avec les autres à la suite de Jésus. Chacun a sa place. Maintenant. Alors, lâchons nos filets et partons à la pêche avec Jésus !
Amen.

 

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