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Nativité de la Mère de Dieu

Homélie de Père Antoine, 6 septembre 2015 en l'église saint Basile et saint Alexis - Nativité de la Mère de Dieu, Lc X,38-42,XI,27-28.

L’évangile que je viens de proclamer est exactement le même que j’ai proclamé pour la fête de la Dormition. Il nous invite, à garder toujours dans notre cœur, comme Marie, la Parole de Dieu et la méditer. La fête de la Dormition était la dernière grande fête de l’année liturgique et voilà qu’une nouvelle année liturgique vient de s’ouvrir le 1er septembre et nous rencontrons à nouveau une grande fête de la Mère de Dieu, celle de sa naissance. Marie étant celle qui nous ouvre toutes grandes les portes au mystère de Dieu…
La première des 12 grandes fêtes dans le cycle de l’année liturgique est donc consacrée à la Vierge Marie. Cette primauté accordée à une fête mariale peut surprendre. Mais à y regarder de près, le tropaire souligne trois éléments essentiels : la venue du Christ, la délivrance de l’esclavage du péché, le don de la vie éternelle. Cette révélation est cause de notre joie aujourd’hui. « Aujourd’hui est le jour que choisit Dieu pour mettre en œuvre son plan éternel de salut, car il était nécessaire que se construise la maison avant que le Roi ne descende y habiter. » St Pierre-Damien.
Rien n’est connu ni du lieu ni de la date de naissance de la Vierge Marie. D’après un évangile apocryphe ses parents s’appellent Joachim et Anne. Depuis le début du Ve siècle on vénère près de la piscine de Bethesda à Jérusalem, le lieu où elle serait née car la tradition orientale y fixe la maison d'Anne et Joachim, parents de Marie. D'autres traditions occidentales localisent la naissance de Marie à Bethléem et même à Nazareth. Peu importe.
Et l’icône de la fête que nous dit-elle ? L’icône présente comme 3 volets. Au centre sainte Anne sur une couche qui nous rappelle celle de la dormition de la Mère de Dieu. Elle est épuisée par cette naissance, le second volet est formé de la sage-femme qui présente Marie enfant à sa mère et d’un groupe de servantes, le troisième, c’est Joachim, un peu mis à l’écart et qui contemple la scène avec étonnement. Il s’incline devant l’inexplicable et ses deux mains tendues vers l’enfant traduisent son émerveillement et son accueil.
Comme vous le savez peut-être j’habite à 1 km d’un très ancien sanctuaire : ND du Marillais et dont l’origine remonte au 5è sc. C’est probablement le plus ancien sanctuaire marial en France avec ND du Puy. A cet endroit, au Marillais, en 430 la Mère de Dieu est apparue à St Maurille pour lui demander de faire construire un sanctuaire pour y fêter précisément sa Nativité. Et ce sera en occident le début de la célébration de cette fête. L’année suivante, en 431, le concile d’Ephèse proclame Marie ‘Théotokos’ : Mère de Dieu, son grand titre par lequel nous aimons l’appeler dans la tradition orthodoxe…
Dans l’Eglise byzantine une fête de la Nativité de Marie apparaît au VIe siècle.
Jean Damascène, un moine oriental des 7-8è siècles fut non seulement le grand défenseur des icônes mais c’est encore un docteur de la théologie mariale. Il a laissé une superbe homélie sur la Nativité de la Mère de Dieu dont voici un très court passage :
« Que la terre prenne confiance ! Enfants de Sion, réjouissez-vous dans le Seigneur votre Dieu, car le désert a verdoyé : celle qui était stérile a porté son fruit. Joachim et Anne, comme des montagnes mystiques, ont fait couler le vin doux. Sois dans l’allégresse, Anne bienheureuse, d’avoir enfanté une femme. Car elle sera Mère de Dieu, Porte de la Lumière, Source de Vie, et elle réduit à néant l’accusation qui pesait sur la femme. »
Ces quelques lignes, desquelles se dégage une atmosphère de joie limpide, sont tissées de références bibliques tirées de l’Ancien Testament (voir Joël 2, 21-23 ; Psaume 112, 9 ; Joël 4, 18 ; Amos 9, 13). Marie se situe bien dans la continuité du plan de salut de Dieu appuyé sur les Alliances et l’élection d’Israël. Relevons l’allusion finale au chapitre 3 du livre de la Genèse qui présente Marie comme la nouvelle Eve, mère d’une humanité nouvelle vouée non plus à la mort mais à la vie.
Saint Jean Damascène donne à la Vierge trois titres : «  Mère de Dieu », « Porte de la Lumière », « Source de Vie » ils sont à sa louange mais plus encore à la gloire du Seigneur Jésus qui est Dieu, Lumière et Vie. « Mère de Dieu » est le plus remarquable, il a été consacré par le Concile d’Ephèse en 431. « Mère de Dieu », en soulignant quel honneur est celui de la Vierge Sainte, nous parle aussi du mystère de Jésus-Christ, Fils de Dieu et fils d’homme, Dieu engendré du Père de toute éternité et engendré de Marie selon l’humanité.
Si Marie nous ouvre aujourd’hui la porte de la liturgie c’est aussi une indication pour nous dire qu’elle toujours là pour nous introduire dans la connaissance du mystère de Jésus-Christ pour que grandisse notre amour pour Lui. Marie toujours là sur notre chemin pour nous guider vers la Lumière qu’est son Fils. La grandeur de Marie, c’est Jésus, sans lui Marie ne serait qu’une simple femme inconnue. Mais avec lui c’est l’illumination.
Jeudi dernier, Marie-Hélène, une élève iconographe m’envoie par mail une étude de son icône de la Mère de Dieu. La Mère de Dieu est dessinée et les couleurs sont déjà en place. Par contre, Il y a l’emplacement de l’enfant mais sans qu’il soit dessiné et elle m’écrit : aujourd’hui, je crois que Marie tient dans ses bras le petit garçon syrien retrouvé sur la plage. Marie-Hélène a tout compris aux icônes car l’incarnation de Jésus va jusque-là, C’est chacun de nous qui se retrouve dans les bras de Marie. Et davantage ceux qui souffrent, les malades, tous les migrants qui cherchent une terre d’accueil… Cela doit nous faire réfléchir et aussi nous remplir de joie. Jésus a pris toute notre humanité jusque dans la mort mais, ô grandeur, pour la ressusciter avec lui.

N’oublions pas Anne et Joachim dont les noms sont très présents dans chacun de nos offices au moment de la bénédiction finale du prêtre. Les parents de Marie, les grands parents de Jésus étaient stériles ; cette Nativité nous oriente donc vers la résurrection du Christ qui marque le triomphe de la vie sur la mort. Cette naissance concerne l’univers entier car d’elle naîtra Celui qui se dira le Chemin, la Vérité et la Vie, le Sauveur et l’Ami des hommes Jésus.
Que cette fête nous comble de joie.

 

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